"Sois doux comme la colombe et prudent comme le serpent" (Paolo Coelho)
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- - 30.12.2012 | 0 réactions | #link | rss


« Un drame que la communauté internationale pourrait arrêter. A l’instant. »

- Tribune parue dans « Le Monde » du 25.12.2012 -



A l’est de la République démocratique du Congo (RDC), soit au coeur de l’Afrique, cette région est l’une des plus belles du monde. Autour d’un lac, des cultures montent en terrasses jusqu’au sommet des collines.

Eau, soleil, terres fertiles, le Kivu aurait tout pour vivre heureux.

Hélas pour lui, son sous-sol regorge de matières premières. Principalement la cassitérite, un minerai dont on tire l’étain. Mais aussi le coltan, autre minerai recherché. Et bientôt le pétrole, qui vient d’être découvert. Attirées par ces richesses faciles, des bandes de mercenaires et de pillards de toutes sortes écument le territoire depuis des décennies et martyrisent les populations.

De temps en temps, des voix s’élèvent. De temps en temps, le calme revient. Et puis recommence le silence. Et reprennent les viols et les massacres.

Pour tenter de « limiter » ces atrocités, l’ONU a envoyé sur place, en 1999, une force de paix qui compte aujourd’hui dix-sept mille soldats. Rappelons que ces dix-sept mille casques bleus y sont au nom de la communauté internationale, c‘est-à-dire en notre nom. Mais, faute d’application réelle de son mandat pour intervenir, ces dix-sept mille soldats regardent et constatent.

L’horreur, ces derniers jours, a franchi un nouveau degré. Des escadrons, dont le groupe baptisé M23, font des incursions à Goma et sèment la terreur dans sa périphérie. Ils portent de beaux uniformes et brandissent des armes neuves.

D’où viennent-ils ? Ils ravagent et ils tuent. Et ils violent. Ils violent par centaines de milliers les femmes et les enfants pour terroriser la population. Ils violent pour détruire. Ils violent pour arracher à jamais les identités. Et les enfants qu’ils n’ont pas massacrés, ils les enrôlent de force.

Et, pendant ce temps-là, les dix-sept mille soldats de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco) attendent une résolution du Conseil de sécurité qui leur permettrait d’agir.

Connaissez-vous le Kivu ? Un drame s’y joue. En ce moment même. Avec déjà des millions de morts et d’autres millions de vies dévastées.

Un drame que la communauté internationale pourrait arrêter. A l’instant. Il lui suffirait de donner l’ordre aux dix-sept mille soldats de faire leur métier et de remplir leur mandat. Leur métier de soldat. Et leur mission de garantir la paix et la dignité de l’espèce humaine.


Signataires :

Muhammad Ali, fondateur du Muhammad Ali Center ; Robert Badinter, ancien président du Conseil Constitutionnel ; Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie ; Jacques Chirac, ancien Président  de la République Française et président de la Fondation Jacques Chirac ; Rosario Dawson, comédienne ; Jonathan Demme, réalisateur ; Abdou Diouf, ancien Président de la République du Sénégal et Secrétaire Général de la Francophonie ; Eve Ensler, auteur et créatrice des V-Day ; Leymah Gbowee, prix Nobel de la paix 2011 ; Stéphane Hessel, ancien ambassadeur de France ; Angélique Kidjo, chanteuse ; Claude Lanzmann, écrivain et réalisateur ; Federico Mayor, ancien directeur général de l’Unesco ; Denis Mukwege, gynécologue, prix des droits de l’Homme des Nations Unies ; Thandie Newton, comédienne ; Erik Orsenna, écrivain ; Atiq Rahimi, écrivain ; Jean Christophe Ruffin, écrivain ; Mahamat Saleh Haroun, réalisateur ; Valérie Trierweiler, ambassadrice de la Fondation Danielle Mitterrand



- - 22.10.2012 | 1 réactions | #link | rss



Saviez-vous que la manipulation est une violence psychologique ?


Alors comment reconnaître le harcèlement moral, la manipulation ?

Il est extrêmement simple de savoir si vous êtes le jouet d'un harcèlement moral ou d'un manipulateur.

Deux critères permettent de le savoir:

1) La personne fait-elle des choses petites ou grandes que la morale, la loi, ou une personne moyenne refuserait?
2) A la fin, contre cette personne, êtes-vous systématiquement perdant?

Si les deux critères sont vrais alors vous pouvez être certain que vous êtes manipulé.


Test pour reconnaître le harcèlement moral ou un manipulateur:

14 critères sur 30 suffisent à établir le diagnostic de harcèlement moral ou de manipulateur relationnel.

1. Il culpabilise les autres au nom du lien familial, de l'amitié, de l'amour, de la conscience professionnelle

2. Il reporte sa responsabilité sur les autres, ou se démet des siennes

3. Il ne communique pas clairement ses demandes, ses besoins, ses sentiments et opinions

4. Il répond très souvent de façon floue

5. Il change ses opinions, ses comportements, ses sentiments selon les personnes ou les situations

6. Il invoque des raisons logiques pour déguiser ses demandes

7. Il fait croire aux autres qu'ils doivent être parfaits, qu'ils ne doivent jamais changer d'avis, qu'ils doivent tout savoir et répondre immédiatement aux demandes et questions

8. Il met en doute les qualités, la compétence, la personnalité des autres : il critique sans en avoir l'air, dévalorise et juge

9. Il fait faire ses messages par autrui

10. Il sème la zizanie et crée la suspicion, divise pour mieux régner

11. Il sait se placer en victime pour qu'on le plaigne

12. Il ignore les demandes même s'il dit s'en occuper

13. Il utilise les principes moraux des autres pour assouvir ses besoins

14. Il menace de façon déguisée, ou pratique un chantage ouvert

15. Il change carrément de sujet au cours d'une conversation

16. Il évite ou s'échappe de l'entretien, de la réunion

17. Il mise sur l'ignorance des autres et fait croire en sa supériorité

18. Il ment

19. Il prêche le faux pour savoir le vrai

20. Il est égocentrique

21. Il peut être jaloux

22. Il ne supporte pas la critique et nie les évidences

23. Il ne tient pas compte des droits, des besoins et des désirs des autres

24. Il utilise souvent le dernier moment pour ordonner ou faire agir autrui

25. Son discours paraît logique ou cohérent alors que ses attitudes répondent au schéma opposé

26. Il flatte pour vous plaire, fait des cadeaux, se met soudain aux petits soins pour vous

27. Il produit un sentiment de malaise ou de non-liberté

28. Il est parfaitement efficace pour atteindre ses propres buts mais aux dépens d'autrui

29. Il nous fait faire des choses que nous n'aurions probablement pas fait de notre propre gré

30. Il fait constamment l'objet des conversations, même lorsqu'il n'est pas là



Ne négligez pas l'impact qu'un tel individu peut avoir sur votre vie:

- Face à un manipulateur : fuyez ! Il n'y jamais rien à gagner à sa fréquentation. Ce que vous y gagnerez, vous le paierez toujours trop cher.
- Si vous êtes piégés : demandez de l'aide. Psy, avocat, syndicat, association, police. Des gens sont là pour vous épauler et vous aider.








- - 24.05.2012 | 0 réactions | #link | rss


En marge du dernier sommet de l'OTAN à Chicago - d'ailleurs émaillé d'affrontements spectaculaires entre la police et des groupes anti-OTAN - Amnesty Inernational a organisé un "Shadow Summit for Afghan Women's Rights": "Le sommet de l'ombre pour les Droits des Femmes Afghanes"

L'OTAN organise son retrait d'Afghanistan pour la fin 2014 et l'objectif du Shadow Summit était de demander aux leaders présents au sommet d'inclure dans leurs négociations le thème des droits des femmes en Afghanistan: sécurité, justice et participation politique.

Intention louable de la part d'une organisation dont l'activité principale est de défendre les Droits Humains partout dans le monde.

Cependant, l'affiche de la campagne a suscité une polémique assez importante sur Twitter où les internautes se demandent si Amnesty International ne serait pas carrément "Pro-OTAN":


"Droits des Femmes en Afghanistan - OTAN: Maintenez le progrès!"

Suite aux réactions indignées des réseaux sociaux, Amnesty International a finalement publié un mode d'emploi pour interpréter son affiche: "Nous ne demandons pas à l'OTAN de rester en Afghanistan".

Ces explications longues comme un jour sans fin n'ont cependant pas empêché une riposte cinglante de la Coalition Anti-Guerre (Australie)... et d'autres réactions outrées.

Après la campagne Kony 2012 prônant une intervention militaire américaine en Afrique - et soutenue par l'ONG Invisble Children - voilà maintenant Amnesty International taxée de soutenir la guerre grâce à une affiche "qui en fait ne voulait pas dire ce qui y est écrit"...

Et vous,
si vous savez encore lire,
comment comprenez-vous cette affiche controversée?



- - 15.04.2012 | 0 réactions | #link | rss


Pour en apprendre d'avantage sur la "Campagne Kony 2012" - alias Kony Scam ou Kony Gate - qui soutient une intervention militaire US en Afrique sous couvert d'"humanitaire", quelques liens à éplucher.


En français:

- L’AfriCom des Etats-Unis et la militarisation du continent africain : Le combat contre l’implantation économique chinoise

- Ouganda : Les objectifs inavoués de la campagne "Kony 2012"


En anglais:

- Behind Kony 2012 and Ugandan war criminals

- Kony 2012 Scam - It's All About Oil...

- Kony 2012: Youth Movement Promotes US Military Presence in Central Africa

- The Kony 2012 Scam: Funded by Chase Bank; Big Oil

Anonymous Hackers Call Kony 2012 ‘Shady’ ‘Propaganda,’ Stand by Ugandans

- AfriCom Report: Combating Chinese Economic Encroachment in Central Africa

- KONY 2012: State Propaganda for a New Generation

- Uganda : The hidden agenda behind "Kony 2012" video

- Invisible Children, Makers of Kony2012, Spied For Ugandan Regime --- WikiLeaks

Soros-funded Human Rights Watch Jumps on Kony2012 AfriCom Crusade



Special AfriCom:


- AfriCom : Control of Africa

- Uganda oil : US Africa Command (AfriCom), a tool to recolonize the African continent



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Trouvée sur Occupy Jura, une synthèse claire et nette sur la "Campagne Kony 2012"... oui, oui, celle qui prétend sauver les enfants-soldats d'Ouganda...

Kony 2012

" Je n’ai que 19 ans. Mon enfance a été bercée par les espérances de paix des mouvements hippies aux états-Unis. à travers leur musique revendicatrices, ils ont réussi à regrouper plus de 450’000 personnes pour tous ensemble manifester derrière des idées probablement utopistes, mais belles, humanistes…

Et aujourd’hui, en ce début d’année 2012, l’inverse est sur le point de se produire.

On reçoit de toutes parts, et principalement au travers des réseaux sociaux, une vidéo de 30 min faisant la part belle à un courageux citoyen américain laissant son enfant de moins de dix ans Gavin décider de l’avenir de l’Ouganda en entraînant des milliers, voire des millions de citoyens autour du monde derrière ses idées.

Ces simples mots : “We should stop him” sont le point de départ pour mettre en place toute une opération de pression passant par l’état américain contre ce criminel.

Ainsi, des troupes ont déjà été envoyées en Ouganda en octobre 2011 pour assister l’armée ougandaise dans leurs opérations de démantèlement de la Lord’s Resistance Army (LRA). Là me vient comme un arrière-goût de déjà-vu…

Il faut savoir que l’Ouganda est un pays riche en matières premières.

L’or, le cuivre, le cobalt sont les minerais principaux que l’on peut trouver là-bas.

Ensuite, le Congo où la LRA s’étend actuellement a un sous-sol très riche en pétrole, au même titre que le Sud-Soudan.

Ensuite, la Chine inquiète toujours plus les USA. D’autant plus qu’elle s’étend et qu’elle “achète” à petit feu sept pays (pour commencer) d’Afrique comme l’égypte, le Ghana, la République du Congo, l’Angola, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et… l’Ouganda 1 !

La Chine a accordé une aide à l’Ouganda en janvier 2009 à hauteur de 77 mio $ 2. De plus, la Chine a donné en septembre 2011 à l’Ouganda 144’000 doses d’Arco et 100’000 de Duo-Cotexin qui sont des médicaments antipaludiques 3.

Elle soutient également l’Ouganda pour maintenir un état politique stable et dans sa politique énergétique, économique, de l’agriculture, de l’éducation, etc. Ils se sont également promis de « promouvoir la confiance politique réciproque, la coopération en matière d’échanges commerciaux, et de renforcer la coordination sur la scène internationale »1.

Pour en savoir plus: http://www.afriquechine.net/2006/Le-gouvernement-chinois-publie-un-document-officiel-sur-sa-politique-africaine.html

En 1969, 450’000 personnes s’étaient donc regroupées contre la guerre absurde qui prenait place au Viêt Nam. Et le 20 avril 2012, des milliers, voire des millions de citoyens bien intentionnés vont descendre dans la rue pour réclamer une guerre !

J’ai confiance en l’être humain, je pense qu’il peut faire beaucoup de bien, mais je n’ai jamais cru en un acte gratuitement bon venant d’un état, il cache pour moi toujours quelque chose.

Le fait que l’administration Obama ait accepté d’envoyer ses premières troupes là-bas et qu’elle pourrait soutenir militairement l’armée pour stimuler la guerre civile n’augure, à mon avis, rien de bon et cache d’autres buts.

Un appel, par exemple, à une ONG aurait eu la même efficacité en ce qui concerne l’aide à l’armement des troupes gouvernementales ougandiennes et aurait évité de mêler un état dans l’affaire.

Un autre point me fait rire jaune. La fixation sur le “vrai méchant” de l’histoire servant de prétexte à une invasion. Lors de la Guerre du Golfe, la Coalition avait utilisé Saddam Hussein qui faisait parfaitement figure de “vrai méchant” et qui justifiait plus ou moins une intervention.

On a vite compris que les objectifs n’étaient pas altruistes, mais bien économiques (principalement le pétrole). La même chose s’est produite avec Kadhafi.

De plus, malgré le fait que je ne sois pas expert en la matière, je sais pour ma part que je me laisse facilement influencer (et c’est sûrement normal) par les émotions.

La majorité de nos émissions de télévision utilisent d’ailleurs les mêmes techniques. Les enfants, les pleurs, la musique majestueuse sont des vecteurs de sentiments presque incontrôlables. Il faudrait aller plus loin, mais je vous laisse vous renseigner sur les techniques utilisées dans ce film et poster des commentaires enrichissants !

Pour finir, j’espère très vivement dans ma petite tête que malgré les mille et unes techniques de manipulation qu’utiliserait cette vidéo, le peuple ne parte pas la tête baissée dans ce qu’on lui dit être bon pour tout le monde et qu’il produise une réflexion plus poussée qu’un enfant de 8 ans qui dit : “He is bad. We should stop him”, car c’est exactement là-dessus que compte le gouvernement.

Et je veux qu’au nom des Droits de l’Homme, nous empêchions cet interventionnisme américain en Afrique ! "

Lucas

Et s’il y a bien un article à lire sur le sujet, c’est celui-ci : http://fr.ossin.org/analyses-et-interventions/chine-usa-obama-africom-libye-ouganda.html

Pour un petit résumé de la situation géographique et historique de l’Ouganda : http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/VICKY/20773

Et voilà tout de même le lien de la vidéo : http://vimeo.com/37119711

1 http://www.focac.org/fra/zt/zcf/t259879.htm

2 http://www.afriquechine.net/pays/ouganda.html

3 http://french.china.org.cn/foreign/txt/2011-09/10/content_23391228.htm



- - 15.03.2012 | 0 réactions | #link | rss


La troisième guerre mondiale a-t-elle déjà commencé?


Par Myret Zaki (Rédactrice en chef adjointe Bilan Magazine), le 29 février 2012

Faire tomber le régime syrien permettrait à Israël d’attaquer l’Iran. Mais cette fois, Chine et Russie se posent en défenseurs de Damas et Téhéran. Israël tente d’entraîner Washington dans le conflit.

Les protagonistes du conflit


Crédits photos: ATTA KENARE/AFP, EBRAHIM NOROOZI/AFP, Keystone, Dr, MENAHEM KAHANA/AFL source graphique: bloomberg


Bruits de bottes américaines aux portes de la Syrie et de l’Iran; sanctions occidentales contre l’Iran; menaces iraniennes de blocus du détroit d’Ormuz; flambée du pétrole à 125 dollars le brent; embargo occidental contre la Syrie; soutien ouvert des Russes et Chinois à Damas et à Téhéran. Pas de doute, les conditions sont réunies pour une troisième guerre mondiale, dans une région abritant 54% des réserves de pétrole.

Et le conflit a, peut-être, déjà commencé. Le survol de la Syrie et de l’Iran par des drones américains, le refus iranien d’une inspection de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) le 22 février, l’attentat manqué prêté à l’Iran contre l’Ambassade israélienne à Bangkok, la détermination de Tel-Aviv à bombarder les installations iraniennes (dès juillet, selon des médias israéliens) pour maintenir son exception nucléaire dans la région, les menaces iraniennes, le 21 février, d’une attaque préventive contre Israël, sont autant d’actes potentiels de guerre.

Dans le camp occidental, il s’agit d’abord d’intervenir contre Damas, puis dans un second temps contre Téhéran.

Cette fois cependant, Washington peine à mobiliser l’opinion publique mondiale: les conditions ne sont pas réunies pour un «Irak II». D’une part, les mensonges américains concernant l’existence d’armes de destruction massive en Irak sont encore présents dans les mémoires. Les médias sont-ils aussi manipulés sur la question du nucléaire iranien?

Il convient d’entendre au moins les différents sons de cloche. Comme celui de Clinton Bastin, ancien responsable des programmes de production nucléaire américains, qui a tenté en vain d’alerter les autorités et les médias: «Les allégations américaines sont fausses, déclare-t-il au magazine 21st Century Science & Technology fin 2011. L’Iran a une centrale nucléaire, mais n’a pas l’arme nucléaire. Il lui faudrait dix à quinze ans pour l’acquérir. Et même alors, Israël dispose de 400 armes nucléaires, testées et prêtes à l’emploi. Téhéran serait idiot de poursuivre cette voie.»

Selon cet expert, le réacteur iranien utilise 20% d’uranium enrichi. Pour devenir une arme, il faudrait qu’il en utilise 90%, ce qui sera très difficile à réaliser; ensuite, il faudrait encore convertir le gaz en métal, technologie complexe et à très haut risque, dont l’Iran ne dispose pas aujourd’hui, et dont l’activité serait immédiatement détectée par l’AIEA. «Les inspecteurs de cette agence, estime Clinton Bastin, sont incompétents en matière de production d’armes nucléaires. Les plans qu’ils ont vus en Iran ne sont pas authentiques, ils ont été entièrement fabriqués par des dissidents iraniens», estime-t-il.

Intimidations russes

Soupçonnant les Etats-Unis de viser en réalité le contrôle des hydrocarbures de la région, la Russie et la Chine font barrage, ouvertement cette fois, aux ambitions américaines.

Face à de tels adversaires, Israël «n’attaquera pas de façon unilatérale l’Iran», estime Jubin Goodarzi, professeur de relations internationales à la Webster University de Genève, dont les récents travaux ont porté sur l’alliance irano-syrienne. «Israël veut plutôt forcer la main aux Etats-Unis, en déclenchant une série d’événements qui laisseraient Washington sans autre option que d’entrer en guerre. Par exemple, le 11 janvier, le quatrième scientifique iranien était assassiné».

Selon l’expert, l’idée est d’amener l’Iran à répliquer en menant une action contre Israël ou les Etats-Unis. Lorsque l’Etat juif avait attaqué l’Irak en 1981, et la Syrie en 2007, il n’avait pas annoncé ses intentions à l’avance.

Pour Jubin Goodarzi, l’étincelle qui allumerait le feu aux poudres viendrait davantage de l’Iran que de la Syrie, où la probabilité d’une intervention américaine est faible, car elle entraînerait l’implication des Russes et/ou des Chinois. «La Russie pourrait utiliser la force militaire pour défendre l’Iran et la Syrie, est allé jusqu’à dire le colonel Leonid Ivashov, ancien membre de l’état-major russe, à la télévision Russia Today le 1er février. Une attaque contre la Syrie ou l’Iran est une attaque indirecte contre la Russie.»

Simple intimidation? Pas si l’on détecte les accents chavéziens dans le discours de Vladimir Poutine qui, s’apprêtant à reconquérir la présidence le 4 mars, a mis en garde le 23 février l’Occident contre son soutien à l’opposition russe. Le 20 février, il avait promis un réarmement «sans précédent» du pays, suite au déploiement du bouclier antimissile en Europe par les Etats-Unis et l’OTAN.

La Russie a conçu et fabriqué le premier réacteur nucléaire iranien. Moscou est le principal fournisseur à l’Iran de barres de combustibles nucléaires et perçoit la campagne occidentale contre un Iran nucléaire comme une menace pour ses affaires. La Chine aussi défend ses intérêts dans la région, étroitement liés aux hydrocarbures, désapprouvant toute ingérence étrangère contre Damas et Téhéran.

A la rhétorique du camp occidental, qui dépeint l’armée syrienne comme responsable de l’essentiel de 7500 morts depuis le début de l’insurrection pour légitimer sa future intervention, les Chinois répliquent en suggérant, par voie médiatique, que des «forces extérieures arment, encadrent, soutiennent, financent» les rebelles armés en Syrie, dans une véritable entreprise de déstabilisation du pays.

«Une chose est certaine: l’opposition syrienne authentique est défavorable à toute intervention occidentale, ce qui m’a été personnellement confirmé par trois leaders de l’opposition syrienne, Michel Kilo, Samir Aïta et Haitham Manaa», témoigne Nabil Zaki, analyste politique et porte-parole de l’opposition de gauche (Parti du rassemblement) en Egypte (et père de l’auteur de cet article, ndlr).

Justifier l’ingérence est toutefois stratégique pour les Etats-Unis, «car la neutralisation de la Syrie et du Hezbollah est le préalable à toute opération contre l’Iran», poursuit cet observateur.

L’Iran – deuxième producteur de l’OPEP après l’Arabie saoudite – menace permanente pour Israël, puissance régionale influente, «a toujours eu l’ambition d’étendre son contrôle à travers la création d’un «croissant chiite», rappelle Taimoor Aliassi, représentant auprès de l’ONU de l’Association pour les droits humains au Kurdistan iranien.

L’Iran cherche, depuis l’arrivée des ayatollahs, à exporter la révolution islamique partout où se trouvent des minorités ou majorités chiites: Liban, Syrie, Irak, Koweït, Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, et jusqu’au Yémen.» Avec un Yémen chiite, l’Arabie saoudite (sunnite et alliée des Etats-Unis) serait encerclée. Pour autant, Taimoor Aliassi n’est en rien favorable à une intervention étrangère: «Il faut un changement de régime en Iran, mais pour ce faire, il faut soutenir le mouvement national iranien», prône-t-il.

Pressions américaines

Les sanctions pétrolières se sont accompagnées de sanctions financières, les Etats-Unis et l’Europe cherchant à interrompre tout investissement dans le secteur pétrolier et gazier du pays, y compris dans le raffinage, et mettant les banques et assurances iraniennes sur liste noire.

Washington espère que cette guerre économique suffira à faire plier le régime. Resserrant encore l’étau financier, le système de paiements internationaux SWIFT, basé à Bruxelles et contrôlé par les banques centrales du G10, s’est dit prêt le 17 février à exclure les institutions financières iraniennes. Les banques iraniennes ne pourront donc plus faire de transactions avec le reste du monde.

Cette même plate-forme SWIFT fut au centre d’un scandale d’espionnage américain dévoilé en 2006. Dès 2002, le Trésor et la CIA, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, avaient pioché des données bancaires confidentielles sur SWIFT, au mépris des règles internationales.

«Pour l’Iran, c’est la mort par exclusion des circuits informatiques financiers, écrit Pierre Jovanovic, chroniqueur financier, animateur radio à Paris et auteur du best-seller Blythe Masters. Et c’est une première. Même pendant les deux guerres mondiales, aucun des pays en guerre n’a été exclu du circuit financier, pas même l’Allemagne.»

En d’autres temps, l’Iran aurait été isolé, asphyxié économiquement.

Mais en ce début de millénaire, des puissances clés ne jouent pas le jeu des sanctions. Téhéran, qui exporte 70% de son brut vers l’Asie, peut compter sur la poursuite de ses exportations vers la Chine, principal consommateur de brut iranien, même si les raffineurs chinois en profitent pour négocier des prix bradés.

L’Inde, qui respecte les sanctions décrétées par l’ONU, a refusé d’y ajouter celles financières imposées par les Etats-Unis et l’UE. New Delhi maintient les échanges commerciaux, et contourne le dollar en permettant à ses exportateurs de facturer en roupies indiennes leurs marchandises à l’Iran. De sorte que la puissance de l’Iran, pays presque trois fois plus peuplé que l’Irak, suscite des craintes autrement plus grandes à Washington.

Zbigniew Brzezinski, l’idéologue du Nouvel Ordre mondial, qui a conseillé Carter, Clinton, et à présent Obama, met en garde contre un «désastre géopolitique» pour les Etats-Unis à court terme s’ils entraient en Iran, et pour Israël à long terme. Sa stratégie préférée: la «manipulation intelligente». «Nous avons négocié avec Mao Tsé-toung, avec Staline, alors pourquoi pas avec Ahmadinejad?, dit l’influent stratège. Si on nous chasse de la région, quelle chance de survie aurait Israël au-delà de 5-10 ans?»

L’administration Obama chercherait en vain à dissuader Israël de la voie militaire. «Israël a la capacité d’attaquer l’Iran et de retarder ses plans de deux ans, tout au plus. Mais certaines cibles nucléaires sont probablement hors de portée des Israéliens», a déclaré à CNN le général Martin Dempsey, chef des états-majors américains.

Toutefois, les élections américaines de novembre, si elles devaient porter l’un des deux faucons républicains au pouvoir (Mitt Romney ou Newt Gingrich), pourraient compromettre une issue pacifique.

L’appui des populations arabes

Outre le soutien de deux puissances majeures, l’Iran – fait mal mesuré en Occident – jouit d’une forte popularité dans le monde arabe, où Ahmadinejad est perçu davantage comme un héros que comme un dictateur fou.

«La vraie crainte des populations arabes, ce n’est pas l’Iran, ce sont les Etats-Unis et Israël», souligne Noam Chomsky, professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technology (MIT), citant des sondages menés par des agences américaines.

Balayant l’argument, courant en Occident, selon lequel l’Arabie saoudite appellerait de ses vœux une intervention américaine contre l’Iran, il insiste que ces vues sont celles des élites au pouvoir, tandis que 90% de l’opinion arabe considère les Etats-Unis et Israël comme des menaces sérieuses, contre 10% qui voient en l’Iran une menace. «L’opposition aux politiques américaines est même si forte, que 80% des Egyptiens sondés peu avant l’occupation de la place Tahrir estimaient que la région serait plus sûre si l’Iran avait l’arme nucléaire.»

"Les Etats-Unis sont en train de «perdre le monde", conclut Noam Chomsky, dans un récent article commémorant le 50e  anniversaire de l’invasion du Vietnam.

La redistribution des cartes dans le monde arabo-musulman dévoile une nouvelle réalité: le «Moyen-Orient», construction géopolitique américaine du Nouvel Ordre mondial de ces 40 dernières années, n’existe plus.

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Le drone américain, un butin juteux pour Téhéran

Depuis trois ans, les Américains espionnaient par les airs, à l’aide de drones de la CIA, l’activité nucléaire iranienne, ainsi que les mouvements aux frontières qui laisseraient supposer des soutiens apportés à des groupes armés de pays voisins. Or cette entreprise pourrait s’avérer moins aisée à l’avenir.

Le 4 décembre dernier, les Iraniens ont réussi à pirater le système de contrôle d’un drone américain RQ-170 de Lockheed Martin survolant leur espace aérien.

Téléguidant l’engin, ils ont pu le faire atterrir à distance sans dégâts, pour l’exhiber ensuite à la télévision iranienne, protestant au passage contre la violation de leur espace aérien.

Un événement qui aurait fortement perturbé le Pentagone, qui perdait là une pièce ultrasophistiquée et confidentielle de son arsenal. Le fait que les Iraniens aient réussi à prendre le contrôle informatique de l’appareil signale un degré alarmant de compétences, ont confié des interlocuteurs des Services de renseignements américains à l’agence Bloomberg.

Selon ces derniers, de nombreuses attaques informatiques subies par des fournisseurs de l’armée américaine et de stations satellites ont été prêtées au cyberespionnage russe et chinois, très actif ces dernières années.

Comme les Etats-Unis pouvaient le craindre, le site d’informations israélien DEBKAfile croit savoir que les Iraniens ont partagé la technologie du drone avec les scientifiques russes et chinois, potentiellement capables de répliquer les appareils, mais aussi de développer des instruments de détection des drones et des avions de combat de dernière génération de Lockheed Martin.

Et pour ne rien arranger, l’Iran aurait exigé, en échange de ce partage d’informations, l’obtention de technologie nucléaire avancée russe et chinoise, qui pourrait accélérer ses avancées vers l’arme nucléaire, selon DEBKAfile.



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