On appelait ça "Tête de nègre", puis "Tête au choco" (en Suisse) et "Merveilleux" et "Incroyables" (en France)

Mais on peut être Chocoholik et ne jamais y toucher ...







Le Ministère public zurichois vient de rallumer la mèche, en déclarant inattaquable un tract électoral du parti des Démocrates Suisses (DS), où figure le mot nègre dans un contexte xénophobe.



TETE DE ...

"Je les appelle bouchées de crème enrobées de chocolat. Un shot de douceur…

Quand elles ont changé de nom et perdu leur substantif «nègre», je ne me suis pas pris la tête. Si le terme heurte, choque, épouvante, tant mieux si l’on change.

Pourtant, au gré des besoins, on le ressort, ce mot qui effraie.

C’est à Zurich cette fois qu’il a noirci des pages. (Femina - 17 avril 2011 - page 12)

Des juges se sont prononcés sur la question. Ils n’ont pas estimé dommageable que l’on utilise cette terminologie pour parler des personnes provenant d’un ailleurs, forcément anxiogène et sombre.

Un tract peut donc publiquement utiliser une terminologie raciste sans que ses auteurs soient inquiétés…

A cela, j’ai juste envie de paraphraser Aimé Césaire - panthéonisé récemment : «Nègre vous m’appelez. Eh bien oui, nègre je suis.

N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde» "

 

Annick Chevillot
Rédactrice en chef

Femina Magazine - Edito du dimanche 17 avril 2011