Ne devient pas Etat qui le souhaite en droit international public. Il faut remplir un certain nombre de conditions (comme c'est toujours le cas lorsqu'il s'agit d'appliquer une base légale (art. de loi p. ex), un principe jurisprudentiel ou un principe coutumier, etc.) . L'intérêt d'être considéré comme un Etat est que ce statut donne la protection du droit international: on devient sujet de droit.

Ces conditions sont au nombre de trois:
- Une population
- Un territoire
- Des autorités publiques effectives et indépendantes.

1. La population:
  • Au sens large, la population s'entend comme l'ensemble des personnes qui vivent et travaillent sur le territoire, sans distinction de nationalité ou d'âge. C'est une idée générale, le droit international rechigne à donner des définitions (puisqu'il s'adresse aux Etats, ces derniers n'ont pas envie de restreindre leur liberté en donnant des définitions très précises et claires)
  • Il n'est pas nécéssaire que ces gens soient appelés 'nation' ou 'peuple' (encore d'autres termes qui se définissent difficilement) il suffit qu'il y ait un lien juridique qui les rattache.
2. Le territoire:
  • Il est né de la coutume: un Etat sans un territoire n'est pas un Etat. Le territoire détermine où la puissance publique peut-être exercée, et, surtout, jusqu'à quelle limite. Le territoire comprend:
  • - Ensemble du territoire terrestre, voies d'eau comprises;
    - Espaces maritimes (eaux intérieures et mers territoriales);
    - Ensemble de l'espace aérien (au-dessus de l'espace maritime et terrestre)
3. Les autorités publiques effectives:
  • L'Etat a besoin d'organes composés d'individus pour le représenter et exprimer sa volonté. c'est l'effectivité et l'indépendance gouvernementales. Toutefois, un gouvernement qui disparaît ne fait pas pour autant disparaître l'Etat. Ex: Somalie: plus de gouvernement mais l'existence de l'Etat n'est pas mise en cause par la communauté internationale.
Enfin, il est des cas où les conditions sont remplies, mais l'Etat n'est pas reconnu: Chypre du Nord: Les Etats ne reconnaissent pas Chypre du Nord à cause de l'invasion turque. Il faut donc être reconnu par la communauté internationale pour que cette dernière accepte de négocier.



Pour en revenir au Hezbollah:
- La question du territoire est délicate: il s'agit du territoire du Liban. Théoriquement il faut donc exclure le territoire. Mais dans les faits, est-ce que le Liban a abandonné une portion de son territoire au Hezbollah? la question se discute.
- En ce qui concerne la population: elle dépend de la question précédente en premier lieu. Toutefois, la population se considère-t-elle vraiment comme ne faisant pas partie du Liban? Il est possible de répondre négativement. D'autant plus que le sentiment anti-Hezbollah commence à monter dans la population libanaise aux dires de l'actualité.
- S'agissant des autorités publiques effectives, je pourrais difficilement admettre que des rebelles qui ont pour objectif de combattre Israël puissent être considéré comme une autorité publique effective: ils n'ont aucun engagement dans la gestion politique et économique du pays, sauf erreur de ma part, puisque celles-ci appartiennent au gouvernement en place du Liban. D'ailleurs, je ne suis même pas convaincu qu'ils en voudraient.

Il faut donc conclure que le Hezbollah n'est pas un Etat. Pourquoi parler d'Etat dans un Etat? Je suppose que c'est simplement un moyen pour le Liban d'écarter sa responsabilité (Les Etat ont l'obligation de veiller à ce que leur territoire ne soit pas utilisé à des fins contraires au droit): si le Hezbollah était réellement un Etat, le Liban ne pourrait rien se reprocher.