La conférence de Rome n'a fait que concrétiser ce que le conflit met en évidence depuis le début: Bush aura la peau du Hezbollah par l'entremise d'Israel, même si cela lui coûte la vie du Liban. Mme Rice, dont le regard doit rappeller l'expression "Aller de Charybde en Scylla" aux yeux des Libanais, "a nié que Washington se soit retrouvé isolé pour rejeter la proposition d'un cessez-le-feu immédiat entre Israël et les milices chiites libanaises du Hezbollah, lors de cette conférence" (AFP.com).

Elle pourra nier ce qu'elle veut; Bush pourra affirmer ce qu'il veut; la Maison Blanche pourra soutenir ce qu'elle veut; ils endossent petit à petit le costume de fossoyeur du Liban. L'opposition constante de Washington à une résolution contraignante lie les poignets du Conseil de Sécurité de l'ONU ce qui empêche l'envoi d'une force internationale et qui, pire encore, ne permet même pas la condamnation des actes d'Israël.

Lorsqu'on songe que les Etats-Unis ne condamnent même pas la mort des 4 observateurs de l'ONU (qui habitent pourtant dans des locaux connus et immunisés contre toute atteinte par la protection diplomatique), il y a de quoi rire du droit international public: oui, les Etats-Unis admettent que ce droit existe, sinon ils n'auraient nul besoin de déguiser leurs intentions et mentir outrageusement... Mais quelle est l'utilité d'un droit que l'on détourne si aisément au moment où il doit réellement servir?