Non, ce blog ne traite toujours pas de politique. L'OMC, L'organisation mondiale du commerce, est une organisation internationale régie par de nombreux accords. Avant de parler d'OMC et, nécessairement, d'économie, revenons sur les déclarations de Berne au World Economic Forum 2009. Cela fait, on s'intéressera au contenu de cette déclaration: comment l'ouverture des marchés, plutôt que le protectionnisme, peut-elle relancer l'économie?

Admin.ch - At the invitation of Federal Councillor Doris Leuthard, 20 Ministers in charge of WTO affairs as well as WTO Director General Pascal Lamy met in Davos, Switzerland, today to discuss the global economic crisis and its effects on trade and the Doha Round.
In her personal conclusions, Federal Councillor Doris Leuthard underlined the importance of open trade for economic recovery, which means hard work on the Doha Round and utmost restraint on protectionist trade measures. Furthermore, trade Ministers present at a WEF dinner on Friday night joined the views expressed by Federal Councillor Doris Leuthard in a declaration on 'Open Trade for Economic Recovery'.

Federal Councillor Doris Leuthard reminded her colleagues that in these difficult economic times, trade needs to be enhanced in order to ensure jobs and prosperity in all countries. At the same time, governments are facing a stiffer wind on the domestic front and calls for protectionist measures are growing. She welcomed the fact that the Ministers present endorsed the multilateral trading system, which, with its rules-based system greatly enhances trade and growth. She said that there was a need to re-establish credibility in the multilateral trade negotiations by quickly reaching a positive outcome in the Doha negotiations.



In order to assume leadership in the Doha negotiations, Federal Councillor Doris Leuthard suggested that Ministers meet more regularly to take stock of what has been achieved in the negotiations and provide impetus for the work ahead. She also urged for utmost restraint on trade measures and expressed her full support for the transparency initiative on trade measures proposed by Director General Pascal Lamy.

Furthermore, trade Ministers present at a WEF dinner on Friday night joined the views expressed by Federal Councillor Doris Leuthard in a declaration on 'Open Trade for Economic Recovery'.
Declaration on OPEN TRADE FOR ECONOMIC RECOVERYConsidering the serious risks for international trade flows of goods and services in the current financial and economic turmoil,
Recognizing the necessity to preserve and maintain the integrity and openness of a rule-based multilateral trading system, which is at the heart of economic growth, furthering jobs and prosperity,
Reaffirming the importance of a universal application of the principles of non discrimination and national treatment,
Taking into account the needs of developing countries, especially the least developed countries,
Building upon the Commitment to an Open Global Economy contained in the Washington Declaration from November 15, 2008 of the G-20 leaders,

We, Ministers in charge of trade policy, present at the World Economic Forum in Davos, Switzerland,

Agree as follows:
(i) To continue to attach the highest priority to achieving a successful conclusion of the WTO's Doha Development Agenda with an ambitious and balanced outcome. We recognize the major progress made in 2008 towards finalizing modalities in the Doha Development Round, which provides a sound basis for an early resolution of the remaining differences in 2009;
(ii) To refrain from raising new barriers to trade in goods and services, imposing new export restrictions, or implementing WTO inconsistent measures to stimulate exports and wherever possible pursue efforts to create new trade and investment opportunities;
(iii) To support efforts at the multilateral level to monitor the implementation of new trade-related policy developments with a view to helping governments in maintaining open markets.Personnal Conclusions of Doris Leuthard
We have a problem of credibility, because we repeat discussing the same issues without being able to conclude the Doha Round. So what should we do next:
1) Financial system is not stabilized but trade is deeply affected. As trade ministers we should contribute to improve the situation.
2) We all share that trade is part of the solution. Trade is an economic stimulus and has a multiplier effect – so we have to conclude the Doha Round.
3) Each of us is facing protectionist pressure at home and we have to resist to it. We have to be careful about the signals national stimulus packages give. They may have impacts on other countries and there is a risk of a domino effect. The monitoring of trade measures is important and is widely supported.
4) We have to build a better understanding for trade at home. The opening-up of markets is the best we can do to fight the crisis.
5) All of us have expressed a strong commitment to finalize the Doha negotiations – but this seems not enough, today. We need a commitment on the starting point and that should be what is presently on the table (developments until December 2008). Furthermore, more meetings of ministers are needed in 2009. Possibly, a first meeting could even take place before the G20-meeting in April. There could be another meeting on the margin of the OECD ministerial at the end of June, before Pascal probably will invite us to Geneva for July.
Comment l'ouverture des marchés pourrait-elle permettre de sortir de la crise
L'OMC veille à l'ouverture des marchés. Concrètement, cela signifie permettre l'export et l'import sans restrictions: pas de taxes, pas de quotas, pas d'embargos, etc. Pourquoi vouloir cette ouverture des marchés?

L'on part du constat que certains pays produisent plus efficacement certains biens que les autres, en raison, par exemple, des ressources importantes et des faibles coûts d'extraction de ces ressources. Parallèlement, il peut être difficile pour ce pays de produire d'autres biens. L'idée du libre marché est de laisser les pays se spécialiser dans ce qu'ils produisent le plus efficacement, en vue de l'exportation, et de les laisser importer les biens qu'ils peinent à produire. En fin de chaîne, le consommateur sort gagnant puisqu'il obtient les produits au prix le plus bas (on rappelle que ce produit proviendra du/des pays qui le produit/produisent au prix le plus faible).

Dès lors, cependant, que vous ouvrez le marché à un bien, dont le coût peut difficilement baisser encore davantage, vous créez une situation de déséquilibre face à vos producteurs locaux pour ce bien. Exemple: la France produit ses bananes et les vend pour 5.- le kilo; la Côte d'Ivoire exporte ses bananes en France où elles sont vendues 3.- le kilo. Les bananes ivoiriennes valent les bananes françaises en termes de qualité.
Qu'achèteront les consommateurs? ça dépend s'ils sont chauvins ou opportunistes. Mais la majorité étant opportuniste, les ventes de bananes françaises devraient chuter drastiquement en toute bonne logique.

Le réflexe naturel, certes exagéré dans le cas de la France, sera pour les producteurs de bananes de bloquer tout le pays en déversant des cargaisons pourries devant l'Elysée, de couper les autoroutes, de bloquer l'accès aux supermarchés et d'exiger du Gouvernement en fonction un embargo sur les bananes ivoiriennes, une taxe sur les bananes ivoiriennes ou une subvention pour leur permettre de combler leurs pertes liées à la chute drastique des ventes de bananes françaises. Mais quelle que soit l'option choisie, c'est le consommateur qui payera:



Voyons si ces options bénéficient au consommateur:
  • Option 1: il fixe un embargo sur les bananes ivoiriennes. Le français achètera ses bananes à 5.- le kilo.
  • Option 2: il fixe une taxe sur les bananes ivoiriennes. Le français achètera ses bananes à 5.- le kilo (puisque les exportateurs ivoiriens devront augmenter le prix de leurs bananes pour compenser ce qu'ils payent en taxes).
  • Option 3: il subventionne les bananes françaises. Cette subvention est payée par l'argent des impôts, que payent les français, y compris les allergiques aux bananes. En admettant que de nombreuses industries requièrent l'aide de l'Etat (hypothèse avérée en pratique), vous imaginez les coûts. Mais vos bananes coûteront 3.- le kilo.
Le protectionnisme, en somme, nuit au porte-monnaie du citoyen mais favorise les intérêts de groupes d'individus. Ainsi, le gouvernement sera sensible aux plaintes de ses producteurs de bananes, capables d'exercer une pression, d'autant plus que le consommateur n'est, généralement, pas motivé à bloquer le pays pour 2.- de plus sur chaque kilo de bananes.

La difficulté, pour un Etat, est donc de trouver le moyen de favoriser ses indigènes sans en avoir l'air. L'OMC est là pour s'assurer qu'une mesure est conforme au libre-échange et ne relève pas du protectionnisme. Mais comment intervient-il? L'OMC, s'il constate une restriction au libre-échange, permettra au pays qui se plaint de prendre des contre-mesures. Ces contre-mesures doivent être proportionnées et consistent en général en une taxe / embargo sur les produits du pays incriminé. Exemple: la Côte d'Ivoire constate que la France impose une taxe sur ses bananes, elle décidera (par exemple) de produire son propre mousseux sous l'appellation "Champagne" et suspendra le paiement de royautés à la France pour les droits de propriété intellectuelle français.

Au terme de cet exposé, une question n'a pas été évoquée: que fait-on, dès lors, de ces producteurs de bananes s'ils ne sont pas soutenus? La réponse des économistes est évidemment simple: changer de métier. Il est clair que cette solution n'a pas été conçue pour plaire et qu'elle n'a rien à voir avec de la démagogie. Mais ce billet avait pour seule ambition d'expliquer pourquoi l'ouverture des marchés profiterait aux consommateurs dans cette situation de crise: ils obtiendraient les biens aux prix les plus bas.

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