En tant que bon citoyen suisse, vous connaissez très certainement le service des numéros surtaxés, particulièrement connu pour les numéros "roses" ou encore des services d'informations diverses telles que l'horoscope, la météo ou encore les derniers bulletins financiers. Ces numéros ont pour particularité d'être facturés à un prix variable, pouvant aller jusqu'à plusieurs dizaines de francs la minute.
Les arnaques où l'annonceur ne communique pas ou très discrètement le coût de l'appel sont vieilles comme le monde. Là où cela devient comme dans du beurre, c'est lorsque l'on couple cette arnaque à Internet.

Explications...


Scénario 1

Il est 21 heures. Michel est assis dans le bus qui le mènera aux frontières de la ville. Soudain son téléphone vibre. Comme Michel fait partie de ces personnes dont le niveau de concentration redescend au zéro absolu lors d'un appel sur son téléphone, il se dépêche d'ouvrir son sac, y fouille quelques secondes pour enfin déloger le petit bijou de technologie.

Trop tard. L'autre personne a raccroché.

Soucieux (et particulièrement curieux et impatient) de savoir qui a cherché à le joindre, Michel presse la touche de rappel.
Ça décroche. "Veuillez patienter quelques secondes, nous recherchons votre correspondant..."
Michel flaire l'arnaque et raccroche au bout de sept secondes.

L'appel lui sera facturé plus de quatre francs.


Scénario 2

Il arrive à Jean-Paul la même mésaventure qu'à Michel. Sauf qu'au lieu de s'être déroulée dans un lieu silencieux, Jean-Paul rappelle son interlocuteur mystérieux alors qu'il marche au centre-ville en pleine heure de pointe.
Une sonnerie...clic... deux sonneries ... trois sonneries...quatre sonneries...

Jean-Paul laisse sonner une dizaine de fois. Dans son environnement bruyant, il n'a pas entendu le petit "clic" qu'une oreille attentive aurait entendu.

L'appel a été décroché dès la première sonnerie. La suite n'est qu'un répondeur dont le message enregistré est...une sonnerie d'appel.
Jean-Paul décide de raccrocher après 45 secondes d'attente.

L'appel lui sera facturé 28 francs.


Scénario 3

Marie (nom d'emprunt) travaille comme secrétaire (et hop, un petit préjugé) dans une entreprise familiale. Marie a accès à Internet pour son travail.

A part pour jouer au Solitaire en ligne ou lire ses emails, elle n'en fait pas une utilisation particulièrement intensive. Toute son attention est captivée par son jeu lorsqu'un message apparaît dans sa boîte de réception. Ce message l'informe que sa commande sur un commerce ligne, pour un montant de 18 francs 40, a été correctement traitée et qu'elle recevra bientôt les articles commandés.

Seule ombre au tableau : Marie ne se souvient pas avoir effectué cette commande et commence à douter. Le montant n'est pas énorme, alors il ne s'agit très certainement pas d'une arnaque mais plutôt d'une erreur. Elle lit alors la suite du message :
"Pour toute question concernant cette commande, veuillez nous contacter au 00 88 213 xxx xxx. Pour des raisons de confidentialité, ce numéro n'est accessible qu'à partir d'un téléphone portable."

Comme elle est au bureau et qu'elle ne fait rien depuis des heures (et hop, un autre préjugé dans les dents !), Marie empoigne son téléphone portable et appelle pour obtenir de plus amples informations.

Elle attendra deux minutes à l'annonce standard du "veuillez patienter pendant que nous recherchons votre correspondant" avant de raccrocher. Ce que Marie ne sait pas encore, c'est que son appel lui sera facturé plus de 70 francs suisses.


Conclusion

Comme il est indiqué en début du billet, cette arnaque est vieille comme le monde. En revanche, elle bénéficie aujourd'hui d'un certain renouveau en s'associant à vos habitudes de consommation, à savoir, votre téléphone portable et votre messagerie électronique.

Comme toujours, connaître les motivations des arnaqueurs est utile pour mieux anticiper leurs sollicitations:
1) Ils tentent d'obtenir un rappel téléphonique de votre part.
2) Il n'est pas dans leur intérêt que la transaction dure longtemps. Un montant "exorbitant" serait facilement repérable par les personnes lisant leur facture détaillée.

Soyez donc attentif aux scénarios cités ci-dessus : ne rappelez pas un numéro si vous n'en connaissez pas l'origine, en particulier les numéros préfixés en 00 88 213 xxx xxx, ou mieux encore: assurez-vous qu'il s'agisse bien d'un numéro local (pour la Suisse, un indicatif de pays 41, suivi de deux chiffres pour le canton ou un opérateur mobile, puis sept chiffres).

(credits: SK via Facebook)

A lire aussi sur ce blog:
- Facebook, pourquoi ça marche, pourquoi est-ce dangereux?
- attaques par ingénierie sociale: vos contraventions sont-elles vraies?
- téléphones portables: quels risques pour vos données personnelles?