Pleaserobme.com

Ou plutôt "Please rob me" dans sa version originale, est le nom on ne peut plus remarquable qu'ont donné trois amis respectivement graphiste, développeur web et développeur web, à leur tout nouveau site.

Le concept ? Un dispositif balaye en permanence les messages publiés sur une sélection de services de réseautage social dotés de fonctionnalité de géolocalisation (tels que Google Buzz, Foursquare, BrightKite) ainsi que d'autre services via l'apparence de termes révélateurs (Facebook et Twitter).En gros, le système recense les utilisateurs criant à qui veut l'entendre qu'ils ne se trouvent pas chez eux.

Le service Please Rob Me s'adresse donc aux cambrioleurs, qui peuvent ainsi en temps réel accéder au profil de la personne, éventuellement déduire si elle vit seule (âge, situation maritale) et repérer ainsi des domiciles probablement vides d'occupants.



Mmmmh...je dois le prendre comment tout ça?


L'on constate une forte croissance dans l'utilisation de services mobiles dotés de fonctionnalités de géolocalisation de l'utilisateur. Dotés de nombreux avantages indéniables du point de vue social, ces services ont en commun qu'ils informent non seulement où l'utilisateur se trouve mais surtout, ils indiquent où il ne se trouve pas.

Cette approche créé quelques risques, non seulement en matière de protection de la sphère privée mais sur d'autres aspects comme nous allons rapidement le voir.


Premièrement, le risque 'cambriolage' est accru car vous annoncez publiquement votre absence du domicile. Voici deux recommandations simples à mettre en oeuvre:
  • Certains de ces outils vous permettent d'indiquer votre localisation après avoir quitté les lieux, parfois même en étant déjà de retour chez vous (typiquement:Foursquare). Profitez donc de ce délai pour annoncer votre présence dans un lieu seulement quand vous vous en éloignez.
  • Évitez d'indiquer au monde entier (sur Facebook, c'est aussi 'le monde entier') que vous partez en vacances avec toute votre famille. Si vous souhaitez vraiment jouer le jeu de faire baver votre entourage, faites-leur simplement croire que vous partez lorsque vous revenez. Vous pourrez publier les photos et statuts en conséquence, seuls vos collègues comprendront la supercherie mais cela ajoutera du piment à votre récit !

Deuxièmement, les bavards autour de vous. Comme je sais un peu comment se distribue l'audience de ce blog (des études ont montré que la protection des données intéresse surtout les jolies et intelligentes femmes libérées sexuellement et âgées de 25 à 35 ans), il est probable que vous n'utilisiez pas encore ces outils car vous avez mieux à faire.

Toutefois, votre entourage familial, en particulier, vos enfants (si vous en avez) ou votre conjoint un peu trop geek sur les bords n'ont peut-être pas encore la chance de me lire. Si vous sentez qu'ils ont la fâcheuse tendance de s'amuser à crier sur tous les toits que vous partez en weekend famille ou amoureux, prenez-donc quelques minutes pour les sensibiliser aux risques créées par le fait que tout le monde sache que vous vous trouvez loin du domicile.


Troisièmement, veillez à ce que ces outils ne soient actifs que lorsque vous le souhaitez vraiment. De nombreuses applications mobiles restent en effet actives en arrière-tâche même lorsque vous ne les voyez pas à l'écran. Pour les néophytes qui n'y comprennent rien: "ce n'est pas parce que vous ne voyez pas un programme dans votre téléphone que ce programme n'est pas en cours d'exécution."

Déjà que votre opérateur mobile sait constamment où vous vous trouvez, il n'est pas judicieux de donner cette information à d'autres sociétés. A cet effet, il peut être utile de bien vous renseigner sur la façon d'arrêter un programme exécuté dans votre téléphone et non simplement 'le cacher'.

Chaque système d'exploitation (Symbian OS, Maemo, iPhone OS, Android, Windows Mobile, etc.) se trouvant dans les téléphones mobiles requiert des manipulations spécifiques pour fermer une application. Parfois il suffit de presser le bouton 'quitter' (courant dans les applications Symbian OS), parfois il vous faut installer un programme capable d'arrêter les autres programmes (très courant dans les systèmes Android et iPhone par exemple).


Finalement, d'une façon plus facultative, il peut-être utile de se poser la question de l'impact juridique que peuvent avoir ces fonctionnalités de géolocalisation: sur quelle base pourrait-on affirmer que vous vous trouviez sur les lieux d'un crime (si l'on vous accuse) ou que vous ne vous y trouviez pas (si vous vous défendez), sans oublier les implications dans votre sphère professionnelle.

Mes compétences m'empêchent d'aller plus loin dans cette réflexion (j'avoue que la survenance d'un litige amènera je l'espère une base de discussion intéressante pour mon ami avocat chez Acerberos).


Pour en revenir à Please Rob Me, vous comprendrez que mon introduction initiale indiquant que le service d'adresse à des cambrioleurs est polémique. Les auteurs du service ont bien entendu voulu sensibiliser les utilisateurs d'une manière plus ou moins ludique, espérons que leur approche fonctionne.

Comme d'habitude, la mienne (d'approche) n'est pas de vous recommander de vous tenir éloigné-ée de ces services et de les ignorer (cela reviendrait à refuser de vous amuser avec ces outils qui, admettons-le, présentent des aspects vraiment amusants) mais plutôt de les utiliser avec bon sens afin d'éviter ces dits problèmes.

D'ailleurs, si ce n'est pas encore fait, installez Foursquare dans votre téléphone ou dirigez le navigateur vers Google Buzz (sans oublier de lire quelques recommandations au préalable). Genève manque encore cruellement d'adeptes pour rendre ces logiciels vraiment amusants!