"Genève est la ville la plus triste d'Europe durant les fêtes de fin d'année", dixit Pierre Maudet.

C'est en ces mots que s'exprime le conseiller administratif genevois, récemment interviewé par la tribune à l'occasion des décevantes animations de fin d'année à la Rôtisserie.


Genève serait-elle une ville triste durant les fêtes?


Genève s'articule sur deux rives, chacune longeant le Rhône. Sur la gauche, nous avons ce que les locaux appellent les "Rues-Basses". Constituée de deux longues avenues et quelques rues annexes, cette zone est en gros le poumon commercial de la vile. Le centre de Genève est également composé d'un autre "poumon", du côté droit cette fois-ci, allant des Bergues à la gare de Cornavin ("corne à vin"...), en passant par les Pâquis (quartier réputé pour ses prostituées particulièrement moches).


C'est dans ces Rues-Basses que tout genevois, pas encore ruiné, se rend la veille des fêtes de fin d'année dans l'espoir d'y trouver de quoi faire plaisir à son conjoint, sa famille et ses deux ou trois amis. Et comme tout bon genevois, je me suis rendu dans ces rues pour trouver quelques cadeaux.

Noël étant à mon avis, l'un des plus grands foutages de gueule de l'être humain, j'effectue plutôt ces achats afin de me fondre dans la masse. Du coup, mon opinion sur la tristesse du centre-ville pourrait être biaisée.

Triste?

Ce jour-là, je me suis un peu baladé. J'ai quitté les Rues-Basses pour rejoindre la gare de Cornavin. Je suis passé par le pont de la Machine, me suis arrêté au Starboucs des Bergues le temps de me procurer un café plus cher que de l'essence, avant de remonter par la place Rousseau et finalement arriver sur Cornavin.

Bien que je crois pouvoir affirmer avoir gardé les yeux bien ouverts tout le long de mon parcours, Genève ne m'a pas semblé triste. Loin de là.

Au contraire, Genève m'a paru être une belle ville. J'ai particulièrement apprécie de pouvoir observer le crépuscule hivernal tout en traversant le Rhône, sentant cette bise glaciale me traverser le corps de part en part. J'ai apprécie les lumières, les arbres illuminés, les petits commerces aux vitrines décorées, les marchands de marrons dont je demande chaque année comment ils bouclent leur mois ou encore les gamins, agités et braillards, comme toujours.


Les genevois par contre, eux, m'ont paru bien plus que tristes. Je me rappelle avoir pensé que Genève était une réserve naturelle de candidats à la dépression. Arrogants, égoïstes, impolis, manquant totalement de civisme, rouspeteurs voire insultants. Que ce soit sur le trottoir, à la queue devant les caisses, dans ou devant les bus, dans l'ascenseur, aux escalators ou même assis sur un banc, j'en suis à chaque fois arrivé aux mêmes conclusions.

Les genevois me semblent être de mauvais poil dès qu'ils mettent le pied hors de chez eux. Même durant les fêtes de fin d'année.

C'est dommage, la ville n'est pas triste pourtant. A quand une "Psy-Academy" ?