Publié dans la Tribune de Genève le 31 janvier 2007

 

«Si je suis élu à Onex, il n’y aura plus un frontalier à la mairie»

 

 

Elections - Le MCG présente 78 candidats dans neuf communes.

 

Isabel jan-hess
Publié le 31 janvier 2007

 

«Soixante-sept mille pendulaires travaillent aujourd'hui à ­Genève», s'exclame Eric Stauffer, candidat du Mouvement ­Citoyens Genevois (MCG) à la mairie d'Onex. «Ce n'est plus possible, nous devons favoriser l'emploi des résidents genevois.» Et de tenter même le pari de «virer» tous les frontaliers fonctionnaires à Genève.

 

«Si je suis élu à l'Exécutif d'Onex, je peux vous assurer qu'il n'y aura plus un frontalier dans l'administration communale onésienne.» Pour le MCG, parti contestataire créé en 2005 à la veille des élections au Grand Conseil, la qualité de vie des Genevois serait péjorée par les frontaliers. «Ces gens profitent de notre argent et les Genevois qui paient leurs impôts sont victimes d'un dumping salarial inacceptable», assure Eric Stauffer, mentor du MCG.

Le ton est donné. Après avoir laissé planer le suspense, le MCG a annoncé hier vouloir présenter 72 candidats aux élections municipales du 25 mars.

Trente-deux figureront sur la liste en Ville de Genève, neuf à Onex, sept à Vernier et à Lancy, cinq à Thônex, quatre à Carouge, trois à Meyrin et à Versoix, deux à Chambésy. «Et ce n'est pas définitif», annonce Eric Stauffer. «Nous attendons encore de nombreuses réponses et espérons bien dépasser les 80 candidats d'ici le 5 février, date butoir pour le dépôt des listes.»

Le plus jeune parti du canton peut se gausser de ratisser large. «On touche vraiment toutes les classes sociales. Du directeur d'entreprise au salarié en passant par l'indépendant ou la mère au foyer», se réjouit Thierry Cerutti, responsable de la campagne du MCG. Une diversité que l'on retrouve aussi dans les origines et les âges des candidats. En ville de Genève, le parti annonce quatre candidats de moins de 25 ans. «A Chambésy, par exemple, les deux candidats sont originaires du Moyen-Orient. En Ville de Genève, nous avons une candidate de Saint-Domingue. Et beaucoup de nos membres sont issus des communautés portugaises, italiennes et espagnoles.»

Si certains membres, voire des présidents de sections, sont binationaux Français et Suisses, le premier combat du MCG reste celui engagé contre les frontaliers. Côté insécurité, les ténors du MCG déplorent «l'état lamentable des parcs publics et des préaux fréquentés par des dealers». Ils s'engagent à se battre contre le démantèlement des services sociaux et à lutter contre le «favoritisme» dans les crèches.

Journal électoral

Tout un programme que les électeurs retrouveront dans Le Citoyen, petit journal de quatre pages distribué dans chaque commune où va «sévir» le MCG. «Nous avons décidé d'éditer ces nouvelles afin de présenter nos candidats et rappeler aux habitants que nous ne sommes ni de gauche ni de droite, et qu'il faut dépasser les dogmes et les idéologies pour défendre ses idées jusqu'au bout afin d'améliorer la qualité de vie des Genevois.»

 


Les limites du Mouvement citoyens genevois

 

Marc Bretton, rubrique politique Genève actualité

 

En présentant 78 candidats sur neuf communes, le Mouvement citoyens genevois (MCG) frappe un grand coup. Cette présence est un signe incontestable de vitalité. L'UDC, pourtant plus ancienne, ne sera candidate que dans sept municipalités… Si le MCG joue bien, il peut donc aspirer à devenir un mouvement populaire durable.

Mais les provocations du tribun du parti, Eric Stauffer, mettent clairement en exergue les limites du mouvement. S'il était élu à la Mairie à Onex, il serait le Pol-Pot des frontaliers fonctionnaires. Scandaleux? Assurément. Illégal?

Probablement. Mais Stauffer n'est pas du genre à s'en soucier. C'est sa force peut-être, mais le MCG sera la première victime de ses rodomontades. Car le parti n'a encore trouvé personne pour s'apparenter. A ce rythme, ce n'est pas près de changer. Ce qui empêchera le MCG de devenir autre chose qu'un ovni politique.