Ces derniers jours, la presse italienne - et francophone notamment - ont relaté un événement qui relance le débat sur le droit à l'avortement. Voir l'article dans LE MONDE

En juin dernier, à l'hôpital San Paolo de Milan, une interruption de grossesse thérapeutique (ITG) sur une femme de 38 ans, devait "éliminer" un foetus atteint de trisomie 21. Or ce foetus avait un jumeau, en bonne santé, et c'est lui qui a été supprimé par erreur par les médecins de l'hôpital...
Par la suite les médecins ont procédé à un deuxième curetage pour éliminer le foetus restant, atteinte de trisomie.

A cette occasion, le Vatican rappelle le dogme de l'Église catholique contre toute forme d'avortement. "Aucun homme n'a le droit de supprimer une autre vie, aucun homme n'a le droit de se substituer à Dieu. Sous aucun motif. Et pourtant la mère, en choisissant cette IVG sélective, a fait un choix "illégitime bien que légal". L'accusation d'eugénisme a été portée par une sénatrice de centre gauche, Paola Binetti, pour qui "le moment est venu de revoir la loi sur l'avortement", votée en 1978. Pour le Mouvement pour la vie, principal lobby anti-avortement en Italie, il s'agit d'un "effet négatif" de la loi, tandis que d'autres s'inquiètent de "l'approche utilitariste de la vie" que représente ce type de recours à l'IVG.

Les arguments de l'équipe médicales pour expliquer l'erreur lors de cette interruption de grossesse étaient les suivants :
  • lors de toute amniocentèse, il y a un risque de 0,5 % de mettre fin à la grossesse, et s'il avait fallu faire un prélèvement de sang sur le foetus, le risque de mortalité aurait été de 50 %.
  • Une fois le foetus malade isolé avec le maximum de certitude, il aurait fallu une fois de plus entrer dans le liquide amniotique pour y introduire le colorant qui aurait pu passer dans le placenta de l'enfant sain et causer des dommages.
  • Le lendemain, il aurait fallu de nouveau percer avec une aigille, prélever du liquide amniotique et vérifier la présence de couleur, puis procéder à l'avortement sélectif.
  • Il y aurait eu ainsi : 0,5 % de risque de l'amniocentèse, plus 50 % du prélèvement sanguin, plus 3 % de risque lors de l'avortement sélectif de provoquer l'avortement des deux foetus. Sans compter le risque d'infection à chaque nouvelle pénétration d'une aiguille.
Alors voilà, malheureusement l'article ne dit pas si les parents avaient été mis au courant de la procédure envisagée, s'ils étaient bien conscients des risques encourus, ni si on leur a présenté l'alternative (ci-dessus) comme un choix possible.... et même si c'était le cas, comment pourrait-on demander à de futurs parents, qui ont déjà dû faire un premier choix difficile, de décider pour l'une ou l'autre procédure en toute objectivité ?