avertissement:
Je remercie toutes les personnes qui se fendent d'un commentaire, je les trouve souvent très bien sentis et presque immérités. Ci-dessous une brochettes de mails arrivés sur la liste de causette du site www.sarclo.com, saupoudrées de quelques réactions de ma part. J'ai mis quelques phrases là où il m'a semblé qu'on me demandait comme une réponse.
sarclo
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Hier soir, Sarclo m'a cueillie... encore une fois.
C'est un bon résumé, très subjectif mais parlant.

Valérie

Mignonne , allons voir si la rose...
;-)
très "suggestif", Valérie !

pierre jean

Je répète :
Hier soir, Sarclo m'a cueillie... encore une fois.

non mais, ce que je voulais dire, pierre jean et rascal, c'est que ça fait près de 15 ans que je goûte aux sarcloseries, que comme vous tous, je l'ai vu un paquet de fois sur scène etc etc...

et que je pouvais m'attendre à être un peu blasée un jour... mais non ! contrairement à bien des chantistes de sa génération, ses nouvelles chansons sont aussi pertinentes que les anciennes...
j'ai utilisé le terme "cueillir" dans le sens où il viendra toujours me "chercher" à des moments ou des endroits où je ne l'attends pas.

quand il chante "quand une gonzesse est pas d'accord", je suis à moitié en larmes, par exemple.

et c'est chouette de voir son regard en sortant de scène... épuisé mais les yeux brillants... sans vouloir faire d'analogie mal placée, il nous a fait le coup des montagnes russes pendant plus de 2h (entre le drôle et l'émouvant) et on en est ressortis comme des cons après une nuit d'amour physique (et sans issue).

avec le recul, ok, j'ai été très suggestive !

valérie



Salut Jean,

Merci d'avoir aussi bien posé les bonnes questions et d'y avoir en
partie parfaitement répondu.

Je donne quelques éléments :
Je pense que les chansons étaient les mêmes samedi, dans le même ordre mais je n'ai pas pris de notes et je crois que cela a duré environ 5 minutes de moins samedi.
Le public de vendredi était bien plus réactif. J'ai trouvé celui de samedi moins surpris, peut-être plus connaisseur?
Donc Je suis plutôt complètement d'accord avec toi sur la particularité des chansons de Sarclo et le "rôle" de chacune des composantes. Sauf que je n'aurais pas été capable de formuler tout ça. J'ajoute seulement que,
comme pour tous les artistes qui sollicitent les réactions du public, celui-ci joue un rôle d'autant moins négligeable lors des concerts. Bon j'arrête là, je vais détester relire les évidences que je suis en train d'écrire.
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remarque:
Si je peux me permettre : le jeu avec le public est un truc qui la plupart du temps me casse un peu ou pas mal les burnes. J'essaie de faire rigoler deux ou trois types au moment où je sais que les dames vont être touchées, et qu'une tension monte du genre " qu'est-ce qu'il a à rire celui-là, rien compris, oups zut cette fois c'est moi qui me marre, quelle pine je fais... " Donc en principe le meilleur public peut me foutre dedans, me faisant glisser dans les trucs faciles, et le plus fermé peut me foutre dedans, me faisant donner un spectacle qui tient du prêche anabaptiste. L'idéal serait d'être non pas indifférent ni imperturbable, parce que chaque réaction du public est un cadeau à intégrer au truc, mais indéformable, genre incorruptible. La fragilité vient du fait qu'à réagir aux cadeaux du public, on embarque souvent dans des enthousiasmes peu reluisants.
par ailleurs les deux concerts ont été enregistrés on pourra s'amuser à jouer au jeu des 37 erreurs...
sarclo
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Un spectacle de Sarclo cela peut être très différent d'un jour à l'autre. Mais celui là à déjà beaucoup tourné (mais pas en rond) et est donc assez "carré" ... pour du Sarclo. Avec forcément le fil rouge que constituent les chansons prévues et le diaporama (vous pouvez réviser, il y a pas mal de cartes sur le site). Autour de tout ça Sarclo puise dans son grand sac à baratin et là c'est selon humeur du jour, la porte étant grande ouverte pour l'idée lumineuse nouvelle qui rejoindra le sac à baratins.
J'aime bien l'idée du sac à baratins, en Suisse, au loto, les gens qui n'ont pas de chance crient " coup de sac ! ", pour que l'arbitre aille chercher ses jetons dans un sac remué. Jevais suggérer ça au public pour qu'il puisse me dire quand je radote.
Et puis une autre évidence : Sarclo n'est pas consensuel. Dans la même salle, avec la même prestation, certains peuvent trouver ça génial et d'autres détester ... mais ça non plus ce n'est pas nouveau c'est un problème de niveau de lecture et cela ne passe pas à tous les coups.
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remarque:
J'ai assisté à quelques concerts de mon collègue Renaud. Lui va chercher tout le monde avec ses blagues entre les chansons, Du coup c'est moi qui faisais la fine bouche dans la rubrique " ben dis-donc, t'as qu'à dire que tu chantes pour les cons comme ça ça sera fait " mais c'est évidemment lui qui a raison...
sarclo
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Dylan n'a pas chanté samedi (donc vendredi c'était du bonus avant coup).

  • Eric *
Jean Vargues a écrit:

Eric a bien raison, au moins sur un point : c'était du grand Sarclo vendredi 19 janvier au Forum Léo Ferré d'Ivry. Mais s'agit-il vraiment d'un spectacle ? c'est à dire reproductible à peu près tel quel indépendamment de l'humeur du jour ? J'ai un peu de mal à le croire compte tenu de la charge émotionnelle que j'ai ressentie vendredi et compte tenu aussi de mes précédentes expériences Sarclo.
J'aimerais bien avoir des éléments objectifs pour en savoir plus. Ca m'embêterait un peu d'être manipulable à ce point. Déjà, Eric pourrait-il nous dire si les chansons, et l'ordre dans lequel elles ont été chantées, ont été les mêmes vendredi et samedi au forum ?
Et le prélude Dylan, fait-il partie du spectacle ? Je n'avais jamais entendu Sarclo interpréter Dylan et j'en suis resté sidéré, comme si je découvrais, avec 35 ans de retard, l'influence Sarclosienne de Dylan...
mais comment est-ce possible ?
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remarque:
La liste est inchangée depuis un certain temps, parce que le diaporama me la dicte sans discussion, après, les baratins ont une trame, mais il ne sont pas gravés dans le marbre, parce que je pense que les chansons sont assez écrites pour que les baratins aient droit à plus de légèreté dans la précision. D'ailleurs le flou des relances souligne l'écriture des chansons.
Dylan, d'habitude, j'en chante un peu dans la loge pour me donner envie d'y aller et pour me chauffer. En l'occurrence, vendredi, l'ingénieur du son avait besoin d'entendre ce que j'allais faire, et j'ai balancé du Dylan pour pas vendre la mèche et pour me chauffer. La charge émotionnelle évoquée en début de courrier vient selon moi d'un bon montage de la liste, d'un bon choix des titres, et de l'écriture du dernier opus
sarclo
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Autre question préoccupante : dans le vieux mail qu'Eric Nadot a exhumé,
Jean Dubois met le doigt sur le mystère de la "vulgarité non gratuite", qui est quand même l'une des marques de fabrique de la chanteuse.
Sarclo n'est certes pas le seul à recourir parfois à un doigt de vulgarité, mais c'est l'un des rares à ne jamais se prendre les pieds dedans.
Comment fait-il ? En écoutant récemment un autre chanteur qui ne rechigne pas non plus à l'emploi de quelques grossièretés (David Lafore pour ne pas le nommer... malgré une ou deux provocations peut-être superflues, c'est quand même très bien... si vous avez l'occasion), il m'a semblé avoir peut-être pigé le truc.
La particularité d'une chanson de Sarclo tient à l'évidence des rôles respectifs de chacune de ses composantes : l'aphorisme, la formule qui fait mouche, au centre, tout le reste - l'habillage de mots, la mélodie, les silences, les baratins et vulgarités éventuelles - à son service.
Dès lors que l'obus atteint sa cible, rien de ce qu'il y a autour ne paraît inutile, déplacé ou dénué de finalité.
Est-ce que certains se retrouvent dans cette explication, militairement simple, de la "vulgarité non gratuite" ?
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remarque:
J'ai souvent dit que les gros mots étaient là pour dire des gros trucs... C'est vrai que je commence par mettre ce que je considère comme un coup de bol, une formule, qu'on peut appeler aphorisme ou début de refrain, et après, pour l'habillage, j'essaie d'éviter la panoplie prédécoupée, j'essaie de mettre une histoire par strophe, une idée ou une image par ligne, et que si possible ça s'entrechoque et que ça bringuebale. La grossièreté est là comme un poil à gratter, à faire deux boulot : montrer qu'on peut être sur scène à faire le beau sans être bien élevé, montrer qu'on peut servir de jolis alexandrins parce qu'on aime ça, et pas parce qu'on est scolaire.
sarclo
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Dernière question, plutôt pour Jacques s. : à quand la prochaine date en région parisienne. Le forum était plein, ça veut dire que certains n'ont pas pu venir (sans compter ceux qui aimeraient bien y retourner). Il faudrait voir à faire quelque chose.

> Jean

Eric Nadot a écrit :

Du grand Sarclo encore hier soir au Forum Léo Ferré.
Ce spectacle "A tombeau ouvert" est terrible !
Jean Dubois qui était en première partie est un artiste que j'apprécie énormément. Il m'avait envoyé un mail il y a 4 ou 5 ans (à l'occasion du passage de Sarclo au Sentier des Halles). Je suis très d'accord avec ce qu'écrivait Jean à l'époque et que je trouve toujours aussi juste (sauf que Jean Dubois est trop modeste). Alors voici un copié-collé :

Dylanien que je suis, je ne peux qu'admirer la performance du guitariste-chanteur, qui nous repousse loin derrière tous les troubadours gratteurs de cordes à la française de ces dernières années. Les sujets sont forts, y compris les tendres; le traitement de l'émotion est audacieux, exempt de tout pathétique superflu; sur le terrain des idées sociales, politiques, religieuses, qui font vibrer le monde de notre chanson française à textes, Sarclo, plutôt que de resservir des discours de confortation, sait se mettre en danger, remettre en cause les causes, n'engageant parfois que lui-même, ce qui est d'une bravoure exceptionnelle. Jusqu'à son recours à la vulgarité, qui n'est jamais gratuit, au contraire. Vrai poète, grand chanteur.

Jean Dubois
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réponse de sarclo:
Les mots de Jean Dubois me touchent terriblement parce que ça touche à ce que je voudrais pouvoir me vanter de savoir faire, et que ça vient de quelqu'un qui le fait. Merci.

sarclo
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