photo Pascal Peuch

Marc Giraud est à la fois naturaliste de terrain, animateur télé, illustrateur animalier, écoguide, écrivain, journaliste spécialisé en zoologie ou conférencier. Ces activités multiples ont toutes un point commun : la nature et les animaux ; et une volonté : rendre accessible à tous la magie de ce qui nous entoure, montrer l'extraordinaire dans le quotidien.

Marc Giraud a longtemps été rédacteur en chef d'un journal pour enfants (" Hibou "). Il sait traduire avec humour, en dessins et en mots simples, des notions scientifiques complexes. Homme de télé, il anime aujourd'hui des séries documentaires très plébiscitées, entre autres sur la chaîne Animaux (" Ça se passe près de chez vous ", " La nature à votre porte ", " La France sauvage "). Défenseur actif de l'environnement, Marc Giraud est également vice-président de l'Aspas, l'Association pour la protection des animaux sauvages.

Pour des animaux libres

Pourquoi libres ? Parce que les animaux sauvages ne sont pas faits pour la captivité, même dans des " grands " parcs. Bien sûr, c'est beau de voir un loup, c'est une expérience irremplaçable.

Mais les bêtes en cage ne montrent pas de vrais comportements, et cela n'est pas pédagogique pour les enfants qu'on y emmène.

Un loup peut parcourir cent kilomètres en une nuit, un félin passe son temps à arpenter sont territoire. En manque d'exercice, les animaux tournent en rond dans des cages trop étroites. Ils présentent les mêmes problèmes que les humains en prison : problèmes dermatologiques, digestifs, comportementaux proches de nos TOCS (troubles obsessionnels compulsifs).

Même les chevaux, qui pourtant ont été sélectionnés depuis des siècles, supportent mal d'être enfermés dans des box (le mot veut dire " boîtes " !) et présentent des " tics ", des comportements stéréotypés tel que secouer sans fin la tête.

Les chevaux sont faits pour brouter en groupe, comme les dauphins pour nager ensemble dans l'immensité des océans.

Les dauphins captifs meurent beaucoup plus vite que leurs congénères en liberté, ils sont souvent agressifs et n'ont plus de vie sociale normale.
 
En voici un exemple. En 1957, alors qu'il vient d'être nommé directeur du Musée océanographique de Monaco, Jacques-Yves Cousteau décide de capturer un couple de dauphins communs pour les observer en bassin et les offrir au public.

À l'époque, on connaît peu leurs moeurs sociales et leur sensibilité. Traumatisé par la capture, le mâle fonce contre le mur en béton de son enclos et s'assomme. Une semaine plus tard, il meurt. La femelle ne lui survit que six mois.
 
Cousteau en tire la leçon : " Plus jamais je ne donnerai ma caution à un parc marin. Plus jamais je n'admettrai qu'on capture ces mammifères pour les offrir en spectacle à un public qui ignore les conditions cachées de son plaisir d'un moment[1] ".
 

Bien sûr, il y a d'autres problèmes : ce ne sont pas les delphinariums qui menacent le plus les cétacés, et les animaux de boucherie connaissent bien d'autres souffrances. Justement. Ce n'est pas une raison pour en rajouter.

Vive les animaux libres, et tant pis si on ne les voit pas ! Savoir que l'ours est encore présent dans les Pyrénées, personnellement ça me suffit. Le slogan de l'ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages), d'ailleurs, est " une association libre pour des animaux libres ". En se promenant avec une bonne paire de jumelles dans la campagne, on a le meilleur des documentaires animalier, en direct live.

Marc Giraud